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Vrai fausse et fausse vraie propagande aux Pays-Bas dans les annees quarante

Pseudo Propaganda during World War II, Magazines and Printing War
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  V\ QJ  0  V\ 0  E  Q  QJ   Q +J :JV  QJ >c Q _ _  ~ '0   Vr ai fausse et fausse vraie propagande au x Pays-Bas dans les annees quarante ans Renders Voici un scenario interessant pour _:.:1 filnl de guerre a suspens : un mes  l ge d information diffuse par l es .:-n des hertziennes est int ercepte par _- ; > n nemi; apd:s a voir subi de petit es ~1a is sensibles modifications, le n<es ..; ge regagne l es airs en directi on de ses ~ > s tina tair es d or ig in e. L espionnage ·<O st greffe sur le systeme. Si cette inter- -·:: ntion est bien connue sous la forme ~--~s a botage la falsification d informa ::o ns ecrit es non destinees a des repre- :: :l. tants de 1  Autorite politique ou -: :.ili ta ire mais a un public ordinaire es t, :::..:. e meconnue. Les magazines au :o nr en u camoufle sont le cont raire de ::: a quoi ils ressemblent. Ces maga ::-: :1 es pseudo-propagandistes qui font :- ur apparition aux Pays-Bas p endant .:. Se conde Guerre mondiale en sont ~:: s exemples.La propagande n'est-elle -: 1s d une e ffi cacite o ptim ale lors ~ J · e ll e n est pas interpretee comme ::: Je ? La pseudo-propagande est :-::c ore plus subtile: l es messages de ; > nnemi sont reto urn es a 180 degres :::1 utilisant l es moyens employes par ce -:: e me ennem i. Dans le cas de la ~;:>c on e Guerre mondiale, ce pheno ·::ene peut etre illustre de fa<;:on magnifique au moyen de quelques magazines dont l es intentions eta ient opposees ace qu'elles semblaie nt etr e. Je focaliserai mon attention sur l es « periodiques de Resistance» crees par les nazis p our ridiculiser so urn oi se  ment la Resistance. Ce t objectif etait egalem ent partage par un certain n omb re de magazines mi-litteraires, mi-politiques qui se moquaient au ss i bien des nazis que des so i-disant « bons Neerlandais )), evoluant e ntr e l aguerre et la paix au debut de 1945. Con tr ai rem ent aux stations de radio pseudo prop agandist es ces magazines n ont jamais constitue un sujet d  etude .Ma is ce n est p as la se ule raison qui justifie 'att ention que nous pr etons a De Gil (Le Cri), etro   Sic et a utr es perio diques a uj ourd h ui oublies. Une e tud e approfondie montre en effet qu'ils fai sa i ent ega lem en t partie d  u n mouvement dissimule de modernisation de la societe qui s' opposait a ce tt e forme bien neerlandaise de stratification sociale «vertic ale )) se lon l es differentes conv i ct ions religieuses et politique s conn ue sous le nom de « cloisonne ment )) . Ces magazines combinaient la litterature et l es informations, et dif- T ?ro fes seur d'histoire de Ia pres se a 'universite de Groningen. • '4 -printemps 2005 @ Le Temps des Medias  00551 ER : DIRE ET MONTRER LAGUERRE, AUTREMENT fus aien t un type de journalism e non ideologique liberal: bien inform e, c ri tique mais toujours teinte d' humour. Iln existait guere de tradition de sa tire politique aux Pays-Bas 2 .Aussi, ]  a ppa rition soudaine pendant les annees de gu erre d un nombre important de per iodique s sa tiriques est remarquable. La « desactiva tion » plus ou mains effective du cloisonnement de la societe pendant l O ccu pa tion en fut l un e des causes. La segregation sociale fut temporairen lent abo lie a cause de l ennem i commun: l es nazi s. Traditionn e llement,l humour n' avait jamais ete une arme contre le cloisonnement social; au sein des divers groupes sociaux, la c ulture journalistique etait beaucoup trop serieuse pour une chose aussi « banale » que le rir e. Il y avait tout au plus de Ia place pour un dessin humori s tiqu e politiqu e, bien qu il flit difftcile d imaginer qu il pui sse tirer plus d un sourire. L hu mour etait associe au genre de maga zines que 1' on trouvait chez le co iffeur, comme De Lach (Le Rire), ou dans certains salons, c omm e Paris Pa ris. e il L es lect eurs neerlandais ont du eprouver un e se nsation et rang e en de couv rant au plus fort de la guerre un nouveau magazine troublant qui, quoique drole et subversif, heb ergeait de s em ploy es« suspects». Lorsque les Alli es lacher en t accidentellement des bomb es sur Ia ville n ee rlandaise de Nijm ege n, on pouv::~it , par e xe mplc , lire dans ce magazine:« Ce ne sont pas l esA mericains qui ont bombarde Ni j megen mais les Allemands . Les Alle mands e voluent dans les airs dans de fausses forteresses volantes amer icaines, specialement con<;:ues pour cette occ as ion» . En d autr es term e s, c etait toujours la faute d es Alle man d s, me me s'il etait evident que l es All i e~ causaient plus de domm ages aux N ee rlandais qu e l es nazis. Le pe riodique qui arborait ce ge nr e de satire en 1944, etait De G£1, un maga zine imprime sur du papi er jour ml dont le tirage moyen s' elevait a p a mains de 200000 exem plair es.Lam au vaise reputation de De Gil apres J. , g uerre , fut notanUl'l en t imputable a . 1 decouverte choquante qu i l s'agis s; ul d une publication pseudo-propag an diste realisee sous l es auspices des nazi\. Tout etait fait pour faire croire au let te ur qu e De Gil etait unjournal de pro pagand e des Allies, alors qu  e n re al itt• j) etait edite SOUS l es ordres de J' OC Cll pant. Cette tache de haute trahison 1 1 1 notamm e nt accomplie par le jou rn  1 liste et ecrivain W van den Hout (1 91 i 1985), alias Will em W. Waterm an. an den out Waterman WH.M . van d en Hout debu t:1 .. . 1 carr iere journalistique en ecrivan t dt , histoires et des mots croises pour ; , petits journaux et magazines. En 1 J II', il rejoignitle Bur eau de pr esse de 1' 11 lips a Eindhoven, la societe lllO il di .J , me nt connu e de nos jo ur s pou1 ., , · produit s (·kctrn ll iql ll  \ 1• A l':lg,· ,J, 1 ~ :1 ns, apres avoir fait son service mili lo~ r c  Van den Hout integra le service 1l 1· public ite responsable des pays 11 ~ l ophon s du Groupe Philips. II J l lhlia son premier roman en 1939. II .IVlillait alors a Amsterdam pour Ia Nl l he rlands Publicity Servic e Inc. Sell- 11/i>rc une entreprise specialisee dans la J• l lllOtion de produits angJais et ame llt . 1ins. Cette mem e annee pa rut son 111 111:111 satirique Amerika Filmt: Een 1/ltl' op Hollywood en op Hollywood  s li   fl llrl c rlijk e werkwijze (L Am er ique film e: l lt   tJis ion d Hollywood et de ses etrang es lllt  ll10des). Van den Hout publia cet 11 11 v ng volumin e ux de 346 pag es 1 1 1s le nom de plume de Willem \ W:-~terman l e dit e ur etant le N. V. P ·~ id c ntiebode a LaHaye, unjournal 1" 11 1 lcquelWaterman devait travailler Jdl l\ 1 1rd 4• I tlr sq ue Amerika Film t pa rut en I q I'J, Wa terman etait mobili se dans le I I II JlS lllOtorise de )' armee n ee rJan ,J II',,. en qualite de caporal, une expe l I 111 l qui e ut pour resultat son roman 111 \l. llll, publie en 1941. Dans ce 1111 11 . 111 , Wate rman c ritiquait le defai- 11 111 · 11 cc rl andais d avant-guerre qui d 1 1111 :1 une politique militaire incon -1 11 11 c. Non,lesAll ema nds bien equi - 1  II.I' II VOya ie nt pas leurs propres sol-• ll '• .1 .1 mort avec, en tre les tnains, des 11 1111 '\ obsoletes. I ·  . i o n: ~lism e blesse auque l le 111 /l' oi ll l' :dlcm:)lld donna un e voix, 1 111 111 1 ph(·llolllcnc e uropee n. En l1 1111 ,·, 1\ dolph L· d'Es pi e de L1 Hir e ,dit I 1 1 1111 llli rc ,:td o pt ·:lllll t011 s itnibir c I il '• I ,. ( .11 . 1111 t t ·s (l tlmlllion s. I -~ - or - Vrai fausse et fausse vraie propagande aux Pays-Bas reurs que nous avons vu es, un livre paru chez Tallandi er en 1940 et publi e en partie dans Le Matin qui fut interdit en zon e libre. La Hire ne cachait p as sa sympathie pour l O c cupant 5• Ce m eme sentiment de nation alis me blesse s exprima aussi en Allemagne par Ia voix de Martin Haller et son Ein Mann s ucht sei11e Heimat. Waterm an se montra sous son vrai jour l orsqu il rejoignit 1 organisat ion fasciste Natio naal Front (Front national). Wat er man avait plus de li en s avec des mouve  ment s autoritaires de droite aux PaysBas et en Flandre 1'. Il fut nonu11e «c hef de Ia propagande » du Nationaal Front. Ace titre,il put ega lem e nt faire publier ses livr es par De Residentiebode,l e di teur attitre du Nationa al Front. agazines nazis Ce fut Louis Thijssen, ancien r edac te ur en c hef de De R es identiebod e, et comme Wat e rman adepte ferv ent de I' Am erique, qui fit venirWaterm an en 1944 au men suel pretendument favorable a ux Alli es De Gil. Thijssen ava it lance ce magazine au style a meric a in de format tabloi·d so us l autorite du Dr Erwin Haagn, le representant ne e da n dais du Hauptabteilungfiir Volksaujkli:irung und Propaganda (Abteilung Aktivpropa ganda), et en avait assure seulla redaction jusqu au troisi eme numero. C est en concertation avec diverses personn es dans la clandestinite (et appartenant a la R es istance neerlandaise )- affirma Van den I-I out p n ~s b gue rr e- qu'i1 accepta (k tr:1 V: 1illn po ur/) (' G il ,« d:ms lc but de  DOSSIER : DIRE ET MONTRER LAGUERRE, AUTREMENT contrecarrer le plan de Thijssen qui consistait a transm. et tre le courrier re<;:u ala SD [ Sicherhe it sdienst ] ». D'apres lui, ]' objectif etait aussi d' ( infl echir Qe n agazine] de fa<;:on a defendre l es int e rets des Allies en general et la cultur e anglo-s axonne en particuli er >> En d'autres termes,Van d en Hout affirma s'etre jete dans la gueule du lion dans le but de sa bater le travail des nazis. Rien ne nous permet cependant de prendre au serieux ce pretendu engagement au service de la Resistance. Au contraire: De Gil eta it indubi tablement un magazine p seudo-pro pagandiste produit sous l es ordres de l'occup ane. 11 y eut quator ze numeros de De Gil, le premier datant de janvi er 1944, le dernier, du mois de septembre de la meme a nn ee.Van den Hout fut sans aucun doute la figure centrale de ce magazine. Et il fut assez van it eux pour r evend iquer ce role meme au co ur s des proces d 'e pur a tion d'apres guerre . En effet, avec la venue de Van den Hout a partir du quatrieme numero, l es chases commencerent a prendre de l'ampleur. Mais De Gi l su sc it a aussi des doutes du co te a ll emand:comme le montre un rapport officiel d' apres-guerre, dans l eq ue lun membre de Ia Sicherheitsdienst mentionne que le magazine n'a pas att eint en ti eremen t ses objectifs. « II s' avera imp oss ible de continuer a affir mer que la publication etait illegal e. Le public qui pouvait se procurer le magaz in e n'importe ou, realisa qu'il etait impossible qu 'il paraisse sa ns Ia per mission des A ll em :mds ,, . _ l l a s tire de e il La particularite de De Gil residait dans son ton satirique,l'utili sa tion fre quente de mots anglais tels que tee - nager", "magazine", BBC et "Esquire" et la mise en page d'influence ame ricaine, avec un gral1d nombre de dessins humoristiqu es et de c hroniqu es co urtes. Et alors que l es autres jour  nau x et magazines subi ssa ient un controle ri goure ux de l'u sage (prohib e) de mots anglais ou des references tout aussi int erdit es ala BBC, De il en abondait,avec la permission de la Abt ei- lung Aktil propaganda. En resume, De G il proposait a premiere vue une satire journalistique rafraichissante qui res sor tait parmi l es journaux legaux et illegaux au ton laborieu seme nt sene ux. Dans De Gil, on n'utilisaitjamais de vrais nom s. Sous 'influence de Water man (qui, selon ses dires, fut influenc(· par le magazine americain Esquire) k magazine avait decid ed' en finir avec L1 propagande sans humour, qu il s'agis sc du modele a ll emand ou neerlandais En ecrivant avec e nth ousiasme sur dn s uj ets bannis par l es nazis l e jazz am(· ricain par exemp l   Waterman retl\ sit a gagner de nombrcux lectcurs. Lc\ lettres adressees au magazine montr c1 1 ce pendant que l es lecteurs n'etaic111 pas naifs et qu'ils se posaient des quD tions sur 1 orientation politique de I t Gi /  l o  Les informations eta i ent extra i c' tJ , magazines americ :J ill S, i l trodu t s cl. 11 1 dcstincmcntvi: ll ~ IH>IIII   s hi stoil< , i ro niqu es sur des membr es du mou v ·ment national-socialist e, des mili ,·icns, mais aussi des Allem a nd s, ass u r: li e nt le grand succes de cha qu e llumero.De fausses public it es (numero 7 ) proposant des « casques (pour l es 111 em bres de la Resistanc e) », « des '>rganisations de coordination» et des 11 gibets » -avec un gr and c hoi x de 1 ou leur s de fond -r emporta ie nt un li·:mc succes. Si les lecte ur s se doutaient qt~ il s'agi ssa it d'un magazine de pro -1 .l ga nd e realise so us l es auspices des I 11zi s, ils n en etaient pas ent ier eme nt • \i rs, et cette incer titud e permettait a Wate rman d'accomplir son travail 11s · udo-propagandist e, en particulier I ll a bord a nt des questions sur les- 1 1 · li es le Neerlandais moyen nourris .,. 11 de ja des dout es, comme par 1 \ l' lnple la famille royale. Des pl aisa n ln i cs etaient reguli erement fa it es s ur l.1 Maison d' Or a nge qui avait trouve 11 ·li1ge en Angleterr e; on lit ainsi dans II· pr em ier numero: { La Hollande 111 cupee et Londres s'eloignent l'un e d, · l ':lLltr e ».On trouvait au ss i dans De r :i/ un grand nombre de piqu es a q~: 1rd de la pres se illegal e. ( :crta in s lecteur s de 1' epoq ue se ll ll vic nnent que ces te nt ativ es destit lt TS :1 se mer la confusion avai ent par It II l' dfct inverse. Dans son et ud e des I I III SS IO ll S de radio pendant Ja llt• 11 . \ icme Guerre mondi ale,le jour  tt , ill .l l' ct historien ne erland ais de la I tdlo,l )ickVerkijk, ecrit qu'il se rap I ll lit• \'1 Core tres bien que, etant enfa nt , I 'I ll I. I t l'l· 111 issio 11 dt· r: 1d io « C il t l 11l 1 ,('O IIl(l O St -L· (). II W. I L IIII.II L l' our Vrai fausse et fausse vraie propagande aux Pays-Bas ( la premi ere fois, il en tendait le jazz de LouisArmstrong,la musique d' un pays qui , « no us 1' esperions ardemment, viendrait finalement no us liberer ».A propos de la vale ur propagandiste de ces em is s ion s, Verkijk se souvient: « Lorsqu 'i ls se moquaient de la "1nusique negre ava nt de passer CeS disques de jazz fabuleux, ne compre naie nt -ils p as qu'ils se tournaient en ridicule? [ .. ]. ]' ai oublie Ia propa gande " int elli gen t e ; et n 'y ai jamai s prete atten tion, mais je peux toujours siffler le theme musical (americain) du Gil Club trente ans apres » 11 . Le numero 12 du magazine etait par exemple un { numero special de liberation swing>>. Apres laguerre, meme Ia Commis sion chargee de]' epura tion de la pr esse se po sa it d es questions sur l es int entions ree lles de Waterman avec De GiL Final ement, la Comm i ss ion n' osa pas se pronon cer clairement s ur ce point. Mais cela ne blanchit en a ucun cas Waterm an des charges de collabora tion qui pesai en t sur lui. Le 27 avril 1948,la Co1m1ussion lui interdit la pratique du journali sme pour une peri ode de vingt an s. Ce tte peine fut reduite de moiti e en a pp e l. 11 ava it p asse trois ans en dete ntion pr ov isoire lor s que son affaire fut classee. Do ute ou non , en raison d es c ir constances De il avait atteint le tirage ex tr aordinaire de 200000 exemplaires' 2• De il fut un e source indeniable d'innov ations stylistiqu es. Waterman :wa it un penchant irr epressible pour l  :1 llitc-r :1tion. Et ccl:1 : 1b outit parfois :1  DOSSIER: DIRE ET MONTRER lAGUERRE, AUTREMENT des inventions linguistiques toujours emplo yees aujourd'hui. C es t ainsi que le 5 se ptembre 1944, ce jour ou telle ment de gens crurent a ort que les Pays-Bas avaient ete liberes,fut appele pour la premiere fois «Do lle Dinsdag » (Le Mardi Fou) par Will em Waterman dans De Gil 13 • Le mot labbekakkers (poules mouillees) pour caracteriser les N eerlandais au xq uels le courage fit defaut, fut attribue avec raison par beaucoup a Waterman: le numero 10 de De Gil etait un « Numero special Poul es mouillees ». Le numero suivant annon<;:a meme que les redactions de De Gil et Het Parool allaient desormais travailler ensemble, une nouvelle per <;:ue comme une satire par tout le mond e, meme par ceux qui nourris saient des dout es sur les t en danc es politiqu es de De Gil. Parce ce qu e Het Parool etait le journal le plus connu comme symbole de la Resistance. Waterman avait une plume habile et parfois humori s tiqu e, mais il eta it beaucoup moins subtillorsqu'il ecri vait sur les Juifs. « Au moment des grandes chaleurs, nos plages ne e rlan daises se rempliront de Juives qui mangent des cacahuetes et qui jettent des epluchures d 'orang e, le ur post er ie ur gras serre dans un pantalon blanc, criant comme des sifflets a vapeur bibliques ... >> Outre ce genre de dia trib es antisemites grossieres, De Gil sema un dout e supplementaire en lan <;:ant des piqu es a l'adresse du capitalismc americain (lisez: «juif»). Celajeta le trouble car l es Americains etai ent aussi finalemc nt l es enncmis d es n :1Z i s. I HI La vie entiere de Van den Hout a ete liee ala propagande, chaque lien se ter nl.inant par une issue douteuse et s'ac compagnant toujours d'un grand nombre de mensonges et de cris pou r attirer 1' attention. To us les document s qui le concernent evoquent un passe obscur, durant lagu er re.« Un excen  trique haut en couleur qui avait, pa r exe mple ,l'habitude d'ouvrir en pous sant laport e du cafe des journalistes, en braillant: Je suis le se ul fas ciste vivant aux Pays-Bas " 14 ». Le mot « braillard » lui convient du reste parfaitement, car Willem Waterman vociferait et hurl ai t d' un bout a 'autr e de chacun de se s livres. Dans le num ero 8 de De Gil, il ecrivit un article intitule: « Les femmes nous crient dessus ». Et au mois de juillet 1944,Waterman inaugura- de f a<;: on tres appropriee - un Radio Ye ll Club, av ec une attention particuliere au Jazz. II y eut d' autres pseudo-magazines, tels que Criteri on et Sic, mais il n 'y en eut qu'un autre qui fut, comme De Gil, realise so us l es ordr es de 1' occupant : k journal H et laatste nimws van ver en dichtbij (L es Demieres Nouvelles de pr es et de loin) , edite par le corres pondant de guerre ss et redacteur en chef du jour nal De Te l egra aj, Wim Sassen   . Po ur a utant qu'on puisse le verifier, quin zc numeros parurent au total a ntervall es irreguliers entre le 13 decembre 194J et le 6 avril1944 10. Co mme De Gil, n- magazine etait imprime sur du papicl journal et en format tab1oi:d 17 .D 'a utJ T' ressemblances soulig micnt lc c:J r actc· n· p sc u o   prop ~g   m ll dv 111 1 l str ui e uws van ver en dichtbij. Sassen inau gura une rubrique sur le jazz , illustree de photographie s. Et a 'exception d' un conte de Nod ecrit par un cer - 1 n Rie Wolters et de quelques articles signes par des initiales, nous ne connaissons qu'un a uteur dont le nom vt le pre nom apparaissent: 1' ecrivain 11 c iste Albert Kuyle. Un article sur Robert Brasillach, 1 ·dacteur en ch ef de l'hebdomadair e li·: m<;:ais ]e suis partout, qui fut ('()n damne a mort par l es Fran<;:ais, t   dique de quel cote se trouvait Het l11olste ni euws van ver en dichtbij   s. L'ar lt cle ne mentionne pas le fait que Je suis jiiiYiout propageait 1' antisemitisme ni ' I IC Brasillach etait un collaborateur de . 1 pire sorte, mais il mentionne par 1 0 11tr e sur un ton deferent que ce heros I II O urut deva nt un peloton d'execu llt > l - sans bandeau sur les yeux, natu lt ·llcment. Pour compliquer encore l es I lt()Ses,le numerO du 9 m arS 1945 de 1 f l aatste nieuws van ver en dichtbij 1 1 lltenait en supplement un faux llt llnero dujourn al resistant De Vlie- t 'l'll tll' Hollander: dagblad verspreid door de v, ·, i/licerde luchtmacht (Le Hollandais I' JI Itt/1/ :journal edite par l'Arrn ee de 'air dn .-11/i es ), en date du 16 mars 1945. I•·  > f lsific tions Si /)( G il et H et l aatste nieuws van ver I I/ rli t ith if etaient des magazines nou \1 . 1   . \ qui differaient de ce qu'ils pre '' lit  ., i ' l t C· tr e, i existait aussi u ne autre '. llt ') ', or i l· de puhli c: ttioJJS b: 1scc s s ur des t·xist: ll S. I )v , jo ll rll : lll x clc l:1 Vrai fausse et fausse vraie propagande aux Pays-Bas Resistance connus et respectes subi rent un detournement: ils furent contr efaits et modifies afin d'attein dre I' effet contraire de celui d' srcin e. Les recherches realisees jusqu 'a pres ent sur ce type de propagande sont tres peu nombr euses. Cette pratique concordait avec la strategie allemande du travail de sa pe qui visait les journaux illegaux. L' ob jectif etait de semer le doute et de faire naltre des sentiments anti-allies au se in de Ia population. Vers le milieu de 1942, le Hauptabteilungfiir Volksaujklii- rung und Prop agand a avait deja realise des versions contrefait es de plusieurs num eros de Vrij Nederland, un journal de resistants. Plus les journaux lega ux etaient alignes s ur la li gne du parti et plus J'interet suscite par l es publications clandestines augmentait. Ces falsifica tion s n'ont cependant pas cause beau coup de domma ge ni seme une grande confusion. II s'agissait d'ailleurs plutot d'imitations que de falsifications. Les informations et les articles publi es ne correspondaie nt pas aux srcinaux.La confusion fut assez limitee car dans 1' edition allemande » de Vrij Neder- land, le titre etait pon ctue d'un point d'int errog ation. Le vrai » Vrij Neder- land repliqua d'un ton railleur: <<No us allons faire un e courte pause. Et Vrij Nede rland sera de retour avec un point d'e xclamation >>Vers la fin de 1943,les choses devinrent cependant plus serieuses. Surles ordres des na zis, une imprim erie fut creee dans le camp de co n ccnt r:Jti on situe pr es de Ia ville nc ·ni :  IHI:li sc dc Vu gh t. Sous l:1 mcn :lCc
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