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Propagande militaire aérienne et législation durant la Première Guerre mondiale

The First World War was the scene of unprecedented propaganda. New technologies, mainly aviation, were used to disseminate pamphlets and newspapers to enemy soldiers and occupied populations. Various international conventions and laws of conflict had
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  Revue historique des armées 274 (2014)Avant la guerre ................................................................................................................................................................................................................................................................................................ Bernard Wilkin Propagande militaire aérienne etlégislation durant la Première Guerremondiale ................................................................................................................................................................................................................................................................................................ Avertissement Le contenu de ce site relève de la législation française sur la propriété intellectuelle et est la propriété exclusive del'éditeur.Les œuvres figurant sur ce site peuvent être consultées et reproduites sur un support papier ou numérique sousréserve qu'elles soient strictement réservées à un usage soit personnel, soit scientifique ou pédagogique excluanttoute exploitation commerciale. 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URL : http://rha.revues.org/7976Éditeur : Service historique de la Défensehttp://rha.revues.orghttp://www.revues.orgDocument accessible en ligne sur :http://rha.revues.org/7976Document généré automatiquement le 03 mars 2016. La pagination ne correspond pas à la pagination de l'éditionpapier.© Revue historique des armées  Propagande militaire aérienne et législation durant la Première Guerre mondiale2 Revue historique des armées, 274 | 2014 Bernard Wilkin Propagande militaire aérienne etlégislation durant la Première Guerremondiale Pagination de l’édition papier : p. 87-94Traduction de Robert A. Doughty 1 Il serait exagéré d’affirmer que la manipulation des opinions naquit avec la Première Guerremondiale. Néanmoins, ce qui distingue la Grande Guerre de celles qui l’ont précédée estl’intensité avec laquelle la propagande fut utilisée. Les mutations technologiques et les progrèssans précédent de l’alphabétisation au XIX e  siècle permirent une guerre des mots à une échelleinédite et qui allait ouvrir la voie à une forme nouvelle de persuasion. Si nombre d’historiensse sont penchés sur différents aspects de cette propagande, l’historiographie n’offre que peud’informations sur la manière dont les lois de la guerre en la matière, ou l’absence de celles-ci,allaient affecter le déroulement du plus grand conflit non seulement guerrier, mais aussi moral,alors connu. De nombreuses questions restent en suspens telles que la validité de poursuites judiciaires en temps de guerre sur la base de textes imprécis, ou encore la problématiqued’une législation inadaptée aux progrès des techniques. Le présent article examine d’abord lalégislation internationale et la façon dont les alliés furent amenés à créer différents organes depropagande aérienne avant de considérer la méthode et les raisons qui poussèrent l’Allemagneà exploiter le silence des traités à ce sujet. La riposte alliée et les débats concernant le droitinternational qui s’en suivirent seront également étudiés sur la base de sources militaires,diplomatiques et civiles présentes dans les archives françaises et britanniques, ainsi que surune série d’ouvrages spécialisés. 1 2 À l’aube de la Première Guerre mondiale, les nations belligérantes avaient ratifié lapremière convention de La Haye de 1899. Ce corps de lois internationales visait à unifier ethumaniser les conflits armés. Une deuxième convention se tint en 1907 mais sa portée devaitrester modeste. Cet ensemble était complété par la conférence de Bruxelles de 1874 et laconvention de Genève de 1864, révisée en 1906. 2  Ces différentes législations internationalesignoraient largement la guerre psychologique. En effet, les moyens techniques à la dispositiondes belligérants ne permettaient pas la diffusion massive de pamphlets ou illustrations dansle camp ennemi par une organisation militaire. Seule une population civile occupée pouvaittenter d’infléchir le moral des occupants, mais s’exposait alors à la rigueur de ceux-ci. En lamatière, les Allemands se basèrent durant la Grande Guerre sur le  Militärstrafgesetzbuch , lecode de loi militaire allemand, et plus précisément sur son paragraphe 161 prévoyant que toutétranger ou Allemand en territoire occupé par l’Allemagne serait soumis aux lois domestiquesimpériales. 3  Cette vue fut couplée avec le paragraphe 89 du Code pénal impérial qui interdisaitl’aide intentionnelle à une nation étrangère ou toute nuisance à l’effort de guerre de l’empireallemand en temps de guerre. Ces lois ne pouvaient concerner que la population occupée etlaissaient en suspens la question d’éventuels propagandistes militaires agissant depuis la lignede front ou dans les airs. 4 3 Un précédent avait pourtant été rencontré durant le siège de Paris de 1870. Entreseptembre 1870 et janvier 1871, alors que la capitale subissait l’encerclement par les forcesallemandes, soixante-neuf ballons avaient été lâchés. Ces derniers contenaient des journaux àdestination du reste de la France, tels que  Le Ballon Poste  ou  Dépêche Ballon . 5  Si ces écritsavaient un caractère de propagande, ils ne furent pas suffisamment significatifs pour attirerl’attention de l’occupant ou de la communauté internationale. La possibilité qu’une guerre depamphlets puisse avoir lieu était peu vraisemblable en raison des difficultés matérielles. Seulun front fixe aurait permis l’utilisation des ballons et de la voie aérienne. Par ailleurs, l’utilité  Propagande militaire aérienne et législation durant la Première Guerre mondiale3 Revue historique des armées, 274 | 2014 de la propagande ne pouvait s’envisager que dans le cadre d’un conflit de longue durée. Ildevait également vaincre une certaine forme de scepticisme quant à son efficacité. 4 Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, c’est pourtant la voie des airs qui s’imposalogiquement comme moyen préférentiel de communication aux yeux de l’armée. En effet,le développement considérable que l’aviation avait connu au début du XX e  siècle changeaitradicalement la façon dont la propagande pouvait être conçue et distribuée. Une flexibilité, jusque-là inédite, était offerte aux armées afin d’exprimer leurs idées, tant aux soldats ennemisqu’aux populations occupées, sous forme de tracts, pamphlets, illustrations ou journaux lâchéspar avion. Couplée aux moyens modernes d’impression, la guerre intellectuelle pouvait se faireprécise et rapide. D’autres moyens de distribution tels que le passage en contrebande par laSuisse ou l’utilisation d’organisations associatives, en conjugaison avec la Maison de la Presseà Paris, furent utilisés pour disséminer la propagande dans les pays neutres, mais ces procédésconcernaient moins la propagande militaire que la propagande civile et diplomatique. 6  Lanouveauté que représentait la diffusion par l’aviation apportait aussi son lot de problèmes. Larapidité des innovations techniques aériennes avait pris de court les législateurs, tant nationauxqu’internationaux, qui n’avaient pas intégré cette nouvelle forme de guerre dans les différentscodes de loi. Les problèmes étaient en réalité plus étendus. Les questions de bombardementde ville, d’usine ou même l’observation n’avaient pas été anticipées. Le sort des militairescapturés alors qu’ils se livraient à des actes de propagande restait donc une inconnue juridique. 7 5 L’Allemagne fut probablement à l’srcine de la première tentative de propagande aériennesous forme d’un pamphlet lancé par un équipage bavarois à l’attention des troupes françaisesbasées à Nancy en septembre 1914. 8  Les Britanniques et les Français ne furent pas longs àrépliquer. L’escalade qui suivit fut l’occasion d’une prise de conscience de la part des états-majors. L’amateurisme et l’individualisme devaient faire place à un système centralisé dirigépar des gens ayant une connaissance approfondie de la culture et de la langue ennemie. LesAllemands se consacrèrent principalement à la rédaction de journaux en langue française. Leplus connu, «  La Gazette des Ardennes  », était rédigé par une équipe mixte de journalistesallemands et français et allait devenir le symbole de l’occupation et de la collaboration. LaFrance innova avec la création en août 1915 d’un Service de Propagande Aérienne à l’intérieurdu Deuxième Bureau. Cette unité, de taille modeste, allait demeurer active, bien que subissantde nombreuses mutations tout au long du conflit. Chargée de rédiger des tracts en allemandà destination des soldats ennemis, et en français à destination des populations occupées,elle supervisait également l’aspect logistique du service. La distribution était assurée par lesescadrilles de chasse, bombardement et observation en fonction de critères géographiquesprédéfinis. 9 6 La Grande-Bretagne fut plus longue à développer une unité spécialisée. Elle offrit dans unpremier temps une aide à la propagande française au travers de son aviation afin de répandreles tracts dans son secteur. Ce n’est qu’en 1916, avec la nomination du Général MacDonoghau War Office , qu’elle instigua une unité en charge de la propagande aérienne. Cette unité,au caractère hautement confidentiel, fut développée au sein de la Military Intelligence etnommée MI7(b). Son rôle était similaire au Service de la Propagande Aérienne et restaactif jusqu’en 1918, date d’un transfert partiel de compétence au bénéfice d’une autre unitéde propagande nommée Crewe House . Seule la propagande à destination des populationsoccupées demeura aux mains du MI7(b). La distribution de la propagande était égalementréalisée par avion. Les unités du  Royal Flying Corps  étaient responsables de la diffusion etse servaient d’un système de dépêches à destination du service de propagande pour pouvoircommuniquer rapidement. 10 7 La quantité de propagande s’accrut considérablement tout au long des années 1916 et 1917.L’offensive morale avait en effet attiré l’attention des différents états-majors et convaincu uncertain nombre de sceptiques. La stabilité du front, source constante de frustrations, demandaitune nouvelle approche. La guerre intellectuelle semblait répondre au besoin d’une solutionefficace et peu coûteuse en vies humaines. Des voix commençaient cependant à s’interrogersur les risques encourus, principalement par les aviateurs, lors de ces missions. Le RFC avançadès 1916 des objections et interrogea le service de propagande quant aux dangers possibles.  Propagande militaire aérienne et législation durant la Première Guerre mondiale4 Revue historique des armées, 274 | 2014 La conscience du flou législatif quant à une guerre d’un nouveau type commençait à prendreforme dans l’esprit de l’état-major. L’aviation britannique reçut les garanties nécessaires dela part du MI7(b). Ces assurances ne se basaient toutefois sur aucun texte concret. La légalitédes opérations de propagande ne semble en réalité avoir jamais été examinée sérieusement jusqu’en 1917, date à laquelle la situation devait changer de façon drastique. 11 8 Deux avions d’observation, des FE2B, du 22 e   Squadron  de l’aviation britannique, furentabattus le 26 avril 1917 par la chasse allemande. 12  Les équipages réussirent à se poser derrièreles positions ennemies et furent faits prisonniers dès l’atterrissage. Les soldats allemandsdécouvrirent des liasses de pamphlets en langue allemande destinées à démoraliser lestroupes de première ligne. Les aviateurs furent promptement interrogés mais nièrent avoirconnaissance de la présence de ces tracts. L’affaire devait prendre un tournant inattendu le6 juin 1917. Le ministère des Affaires étrangères suisse informa le  Foreign Office  britanniquequ’une note rédigée par leur équivalent allemand considérait tout aviateur lançant de lapropagande comme étant en dehors des lois de la guerre. 13 9 Un vent de panique souffla sur l’état-major britannique qui ordonna l’interruption des missionsde propagande le 27 juin 1917. Cet arrêt fut toutefois de courte durée et la distribution depamphlets reprit dès le mois suivant. Les Britanniques étaient en effet partagés, quant auxmenaces allemandes, entre ceux qui voyaient dans l’attitude ennemie une tentative de bluff etles autres qui prenaient la menace au sérieux. 14  Ces derniers allaient pourtant être confortésdans leur opinion. En octobre 1917, le gouvernement britannique fut informé, une fois encoregrâce à l’intervention de la Suisse, de la tenue d’un procès afin de juger les pilotes infortunésabattus le 26 avril 1917 au motif d’avoir distribué des pamphlets contenant des insultes àl’encontre de l’armée allemande et le gouvernement. 15 10 L’action du tribunal, en l’absence de lois internationales, se basait sur le  Militärstrafgesetzbuch publié le 20 juin 1872  , le manuel de loi militaire allemand. Le paragraphe 58 et son sous-paragraphe 9 prévoyaient la peine de mort pour trahison pour qui avait l’intention d’aiderune puissance étrangère ou porter préjudice à l’Allemagne ou à ses alliés, et disséminaitdans l’armée des proclamations hostiles. 16  Le fait que les accusés soient membres d’unearmée ennemie fut considéré comme un facteur atténuant par le procureur, qui réclamadix ans de prison, mais les aviateurs restaient toutefois susceptibles d’être jugés comme leprévoyait le même  Militärstrafgesetzbuch  et plus précisément le paragraphe 160, qui stipulaitqu’un étranger ou un Allemand se rendant coupable d’un des actes mentionnés dans lesparagraphes 57-59 et 134 durant un conflit avec l’empire allemand, serait puni en accord avecles châtiments mentionnés dans ces mêmes paragraphes. 17 11 Le premier équipage fut acquitté sans difficulté car aucun tract n’avait été trouvé à l’intérieurdu cockpit et il ne fut pas possible de prouver sa participation à une mission de propagande. Ledeuxième équipage était dans une situation plus délicate en raison des liasses présentes dans lacarlingue. La cour acquitta toutefois les deux officiers britanniques en raison de leur ignorancede l’illégalité de l’acte commis. Une proclamation fut cependant lue à haute voix devantl’assistance par le président du tribunal. Celle-ci, rédigée par le haut commandement allemand,déclarait les pamphlets incendiaires contraires aux lois internationales. Cette proclamation futofficiellement envoyée aux pays belligérants. 18 12 Les alliées restèrent dubitatives face à cette manifestation de force. Les Français etles Britanniques poursuivirent les missions de propagande. Toutefois, un nouvel aviond’observation du 11 e  Squadron de l’aviation britannique fut abattu par la chasse allemandele 17 octobre 1917. 19  Les deux aviateurs furent trouvés en possession de tracts vantant lesconditions de captivité dans les camps britanniques. Une cour martiale fut convoquée pour le1 er  décembre 1917. La presse allemande fit une publicité importante autour du procès à venir.Les officiers ne bénéficièrent d’aucune clémence et furent condamnés, après un procès baséune fois encore sur les paragraphes 58 et 160 du Code militaire, à dix ans de travaux forcéspour diffusion illégale de propagande. Cette condamnation allait entraîner un tourbillon deréactions diverses. 20  Propagande militaire aérienne et législation durant la Première Guerre mondiale5 Revue historique des armées, 274 | 2014 13 Les raisons qui poussèrent les Allemands à de tels procès étaient diverses. Suite à son succèsde 1870, l’armée impériale avait développé une doctrine militaire se basant sur des principesrigides. Parmi les règles fondamentales régissant l’état-major se trouvait l’idée que l’ordreen territoire occupé devait être absolu. Cette vision, dérivée des principes monarchiste etnationaliste et associée au principe que la discipline signifiait la paix, était appliquée égalementen Allemagne en dépit des actions des démocrates et des socialistes. L’idée que les alliéspuissent répandre une propagande favorable à leur cause et de la sorte détruire l’harmonieidéalisée entre occupants et occupés était dès lors proscrite. Plus grave encore furent lestentatives de dissensions orchestrées au sein de l’armée impériale par les alliés. Les incitationsà la désertion, à la reddition ou à la division telles que, par exemple, celles pratiquées auprèsdes troupes bavaroises, causaient de graves soucis auprès de l’état-major allemand. 21  Ladate à laquelle les menaces furent exécutées correspondait à l’accroissement de l’activitépropagandiste alliée. Il n’est pas étonnant que les autorités allemandes se soient décidéesà agir afin d’interrompre cette guerre de papier, au risque d’exposer aux yeux de tous leurpréoccupation et de faire aveu de faiblesse. 14 Les autorités britanniques interrompirent en janvier 1918 toute mission de propagandeaérienne. Privé de son moyen de diffusion, le MI7(b) fut plongé dans l’inactivité. Legouvernement protesta auprès des autorités allemandes et promit des représailles à l’encontredes aviateurs ennemis capturés dans des circonstances similaires. Il s’agissait toutefois d’unemenace dénuée de tout fondement, les Allemands utilisant uniquement des ballons sans pilotesafin de disséminer leurs pamphlets. Le  Foreign Office  fit appel à des juristes afin d’examinerles lois internationales. Il fut conclu que rien n’avait été écrit en la matière et que dès lors,l’action de la cour martiale allemande était sans fondement. Une menace officielle, passéele 4 février 1918, fut transmise aux autorités du Reich. Il fut demandé qu’en accord avec laconvention de La Haye, les deux captifs soient graciés comme le prévoyait la loi internationalesur les prisonniers de guerre. 22  La sentence passée à l’encontre des aviateurs britanniquesfut commuée temporairement en mars 1918, mais les Allemands insistèrent sur le caractèreexceptionnel de ce pardon. Ils persisteraient dans leur intention de poursuivre tout aviateurcapturé durant une mission de propagande. 23 15 Il serait toutefois trop simple d’attribuer l’arrêt des missions de propagande aux seulesmenaces formulées par l’Allemagne. Les archives britanniques révèlent en réalité de profondesdissensions entre services. Le  Royal Flying Corps  avait exprimé à de nombreuses reprises sonmécontentement. Les aviateurs estimaient les risques trop importants par rapport aux gainspotentiels. À plusieurs reprises, les officiers supérieurs de l’aviation avaient tenté de limiterl’influence de la propagande. L’affaire avait été débattue aux plus hauts échelons en présencedu Premier ministre. Les menaces légales étaient une opportunité exceptionnelle pour le  RFC  .Les services de propagande interpellèrent Lord Weir, secrétaire d’état pour l’aviation, lorsd’une réunion du ministère de la Guerre. Lorsqu’il lui fut demandé s’il comptait mettre ànouveau la force aérienne à disposition des services de propagande, il répondit de façon ruséequ’il serait ravi de s’exécuter s’il lui était prouvé que la campagne de persuasion avait un effetutile sur l’influence de la guerre. Démontrer l’infléchissement du moral ennemi n’était paschose aisée. 24 16 La France allait adopter une position radicalement différente. Prévenue immédiatementaprès la première série de menaces formulée en juin 1917 par l’Allemagne, la Section deRenseignements de l’armée fut chargée d’examiner le caractère juridique de la situation.L’unité formula un avis dès le 9 juin 1917 qui fut transmis au nouveau commandant en chef desarmées, le général Pétain. Cette note s’articulait autour de trois points. Le premier reconnaissaitque la propagande aérienne n’était pas une forme de guerre reconnue par la convention de LaHaye. La note précisait toutefois que le silence ne concernait non le fond mais uniquement laforme aérienne, inconnue au moment de la rédaction de la convention. Le second argumentétait plus pragmatique. L’Allemagne utilisait également la voie des airs afin de propagerde la propagande. Elle ne pouvait dès lors manipuler le silence de la convention dans sonseul intérêt. Cet argument ne tenait toutefois pas compte des rapports établissant que lesAllemands n’utilisaient que des ballons. Le troisième argument se concentrait sur les menaces
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