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« Espace et histoire canadiens-français dans Le Nouvel Ontarien de Sudbury ou la continuité dans l'après-rupture (1985-1989) », Colloque langue et territoire de l’Université Laurentienne, Sudbury, 2010.

« Espace et histoire canadiens-français dans Le Nouvel Ontarien de Sudbury ou la continuité dans l'après-rupture (1985-1989) », Colloque langue et territoire de l’Université Laurentienne, Sudbury, 2010.
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  Espace et histoire canadiens-français dans Le Nouvel Ontarien de Sudbury ou lacontinuité dans l'après-rupture (1985-1989) Visiblement, si je présente devant vous, et ce, à Sudbury, la continuitédans l'après-rupture du Canada français, je risque de froisser quelquespersonnes. D'ailleurs, on se demandera bien ce que fait un jeune candidat à lamaîtrise en histoire à l'Université d'Ottawa à tenter une réinterprétation del'histoire franco-ontarienne et canadienne-française. Gaétan Gervais n'avait-ilpas écrit en 1995 dans ses origines de l'identité franco-ontarienne que,progressivement, les Franco-Ontariens cesseraient de composer la « partieontarienne du Canada français » pour former « la partie française del'Ontario 1 »? Certes, l'institutionnalisation qui s'effectue dans l'après-rupture, lesmilitants postrupturistes, les combats livrés et victoires gagnés, ne relèvent-ellespas de l'Ontario français?Nous aurons tort et raison en même temps, car il existe effectivement unezone grise. Cette communication est présentée comme un premier jet de mathèse de maîtrise portant sur la presse franco-ontarienne et le Canada françaisde l'après-rupture. Essentiellement, le projet comporte l'étude de sixhebdomadaires francophones du Nord, du Moyen-Nord, du Sud-Ouest, de 1 Gaétan Gervais, Chapitre 3 « xxx », dans  Des gens de résolution, le passage du « Canada français » à l'« Ontario français » , Sudbury, Prise de parole/Institut franco-ontarien, 2003, p. xxx-xxx.  Toronto et de l'Est Ontarien, ainsi que la lecture par échantillonnage duquotidien Le   Droit  d'Ottawa. La période étudiée est de 1969, année de cette« rupture » lors des États généraux du Canada français, jusqu'à l'échec del'Accord du Lac Meech en 1992.Je vous présente aujourd’hui les résultats d’une recherche dans un journalcommunautaire de Sudbury nommé Le Nouvel Ontarien qui a publié de 1985 à1989, journal dont quelques instigateurs et collaborateurs risque d’être parmi-nous en ce moment. Avec une nouvelle identité qui se développe en Ontariofrançais, il est inévitable de voir des tensions entre un passé « traditionnel » etun avenir « moderne », bref : que gardons-nous? Que serait donc le rapportavec une identité canadienne-française dans la nouvelle identité provincialisée,voire nouvelle-ontarienne?Je me suis intéressé aux rapports qu'entretient le journal, à partir denouvelles traités et d'éditoriaux, avec la francophonie ontarienne, canadienne etquébécoise. Bref, j'ai tenté de comprendre si le journal voyait un lien entre lesdifférentes francophonies et avec le Québec. Une autre question qui a guidémes recherches est quelle genre de société envisage ce journal et quelle est larelation avec le Canada français supposément éclaté? De plus, je me suisintéressé aux prises de positions du journal afin de déterminer si les Franco-Ontariens forment, selon les articles publiés et les nouvelles traités, uneminorité ethnique ou une minorité nationale ou nationalitaire. D’emblée, je dois  prévenir l’auditoire que, malgré son nom et son premier éditorial, ce journal n’estpas la suite logique d’un développement identitaire nouvel-ontarien; espace quisemble être réservé aux artistes. Le Nouvel Ontarien se présente comme un journal rivé vers l'avenir et un journal communautaire qui serait représentatif de la communauté francophonede Sudbury. Il est principalement l'œuvre de plusieurs intellectuels rattachés àl'Université Laurentienne; pensons à Benoît Cazabon et à Simon Laflamme. Ilse pose à contre-courant de l'autre hebdomadaire francophone de la région : LeVoyageur  . Le Nouvel Ontarien cherche à s'opposer à une prise de position troptraditionaliste de la part du Voyageur  . Lorsque Laurent Alie écrit son article« Ultramontanisme au XIXe siècle : Une idéologie qui se manifeste encore dansle milieu francophone nord-ontarien », publié dans la Revue de l'UniversitéLaurentienne en 1978, il qualifie Le Voyageur  de « bulletin paroissi[al] [plutôtqu'un] journ[al] », car ce dernier « fait preuve d'un parti-pris et d'un crétinismequi trahissent le rôle d'un journal hebdomadaire » puisqu'il « condamne […] toutce que le Pape a pu condamner » 2 . L'article d'Alie conclut que l'ultramontanismeest bel et bien présent dans le paysage sudburois et dans les pages du Voyageur  « notre élite, formée à l'école de l'ultramontanisme, craint beaucouptrop le progrès pour oser se compromettre » 3 . 2 Laurent Alie, « L'ultramontanisme au XIXe siècle : une idéologie qui se manifeste encore dans le milieu francophonenord-ontarien », dans  Revue de l'Université Laurentienne , vol. 4, p. 113. 3  Ibid  ., p. 117.   Alie ne contribue pas au Nouvel Ontarien , mais il trahit la circulationd'idées du genre à l'Université Laurentienne et, par conséquent chez lescollaborateurs du journal. Du moins, il démontre que Le Voyageur  ne fait pasl’unanimité. Le Nouvel  Ontarien serait l'antithèse, car il serait rivéessentiellement vers une idéologie du progrès. Dans le premier éditorial dupremier numéro, Benoît Cazabon affirme que : Le Nouvel Ontario c’est l’Ontarien nouveau: francophones de toutes origines,francogènes [sic] qui se cherchent une identité, francophiles qui ne demandent qu’àparticiper à cette experience [sic]. Le Nouvel Ontarien veut inspirer une nouvelle façonde se vivre, de se dire. Au delà de nos différences, source de notre richesse,transmettre un message commun: celui des francophones engagés à vivre leur francophonie. 4 Il ne se garde pas, non plus, de lancer une flèche à l'élite locale : [I]l sera question de [… n]otre réalité nouvelle [...] Dans chacun des numéros, il seraquestion de sujets qui nous tiennent à coeur. On retrouvera aussi le portrait depersonnes qui façonnent notre réalité. Ils ne sont pas tous à la tête d’organismesimportants. C’est personnes marquent toutes notre nouvelle réalité. 5 Le journal ne tardera pas à montrer ses affinités pour une idéologie plusmoderniste. Le Nouvel Ontarien se pose à l'encontre de l'Église à Sudbury.Dans sa caricature du 27 mars 1986 figure le siège social du Conseil des écolesséparées catholiques romains de Sudbury sur lequel est juché un mât d'où flottele drapeau du Vatican. Nous pouvons lire sous l'image « Le petit Vatican... 6 »,comme quoi le conseil serait véritablement ultramontain, prenant des ordresdirectement du haut clergé à Rome. 4 Benoît Cazabon, « Le Nouvel Ontarien »,  Le Nouvel Ontarien, vol. 1 n˚ 1 (2 mars 1985), p. 4-5. 5  Ibid  . 6  Le Nouvel Ontarien , vol. 2 n˚ 2 (27 mars 1986), p. 4.  La laïcité est une valeur fondamentale du journal. Il s'oppose sanscontredit au projet du gouvernement provincial pour le parachèvement dufinancement des écoles secondaires séparées (catholiques). Le financement neferait qu'appuyer une institution qui est un vestige du passé. Cazabon écritd'ailleurs : [l]e nationalisme canadien passerait-il par la religion? […] Protéger l'écoleconfessionnelle c'est préserver la “vision nationale”. La religion, protectrice de lanation? Ou est-ce l'inverse? Le journal cherche aussi à donner une grande place aux femmes, auxtravailleurs et aux groupes plus marginaux. Dans sa dernière édition en mars1989, le journal réitère sa spécificité par rapport aux autres médias écritssudburois : Ceux qui ont lu régulièrement [Le Nouvel Ontarien] au fil des ans le savent; ce journala eu le courage et l'audace, dans ses bons moments, de traiter le plus objectivementpossible de sujets qui n'avaient que rarement — sinon jamais — été traités par un journal de langue française en ce coin de l'Ontario 7 . Le journal a ainsi ouvert ses pages aux sujets plus délicats. Tel est le casde l'homosexualité d'où son dossier spécial nommé « l'homosexualité ce tabouqui dérange tant ». Le Nouvel Ontarien voit le peu de place qu'ont leshomosexuels à la ville minière en affirmant « Charte ou pas, peu d'homosexuelss'affichent ouvertement à Sudbury, de peur de répercussions négatives, dereprésailles ». Dans ce même dossier, l'évêque de Sault-Sainte-Marie, Mgr Marcel Gervais, est aussi cité comme quoi l'Église n'est pas contre l'individu qui 7 « Sans-le-sou, nous devons suspendre la publication: un repos et une réflexion sérieuse s'imposent »,  Le Nouvel Ontarien , vol. 5 n˚ 5 (3 mars 1989), p. 4.
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